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Les Montgolfier, la montgolfière et le papier

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Véritables innovateurs dans la fabrication du papier, les Montgolfier introduisent en France de nombreux perfectionnements pour l’industrie papetière : les piles hollandaises, fabrique les premiers papiers vélins, inventent le raffinage…

 

A la fin du XVIIIe, Joseph et Etienne Montgolfier s’intéressent à leurs heures perdues aux études scientifiques de leur temps.

De gauche à droite : Joseph et Etienne de Montgolfier

« En novembre 1782, Joseph est à Avignon pour affaires quand la nouvelle du journal relatant le siège de Gibraltar retient son attention. Son regard glisse vers la cheminée d’où s’élève la fumée et soudain, il entrevoit la solution pour pénétrer dans la ville et libérer les assiégés : « Mais ne pourrait-on point y arriver au travers des airs ? La fumée s’élève dans la cheminée, pourquoi n’emmagasinerait-on pas cette fumée de manière à en composer une force disponible ? »

Joseph a compris et écrit à Etienne : « Prépare promptement des provisions de taffetas, de cordages et tu verras l’une des choses les plus étonnantes du monde. »

L’idée de la montgolfière était née ! 

Quelques semaines plus tôt, Etienne avait essayé de chauffer des enveloppes de papier fin au-dessus du bec d’une bouilloire pour les faire décoller mais l’humidité n’avait pas permis le succès. Joseph trouve la solution dans l’emprisonnement d’un nuage artificiel chargé au maximum d’électricité statique.

Aussitôt rentré, il s’affaire pour réaliser un petit ballon d’un mètre de diamètre, une « chambre cubique » en soie de Florence destinée à confectionner des gilets. Le ballon réussit à  s’élever jusqu’au plafond. Les Montgolfier décident d’en construire un plus gros. Avec leur papier, ils réalisent l’enveloppe, Joseph se livre à de savants calculs pour mettre au point la technique de chauffage pour le gonflement et, le 14 décembre 1782, dans le jardin de la papeterie de Vidalon, le premier aérostat s’envole vers les cieux.

Deux jours plus tard, les frères envoient un compte rendu à l’académicien des sciences Nicolas Desmarest, dans lequel ils disent avoir déjà envisagé les applications futures de leur invention :

« Nous ne proposions pas encore de la faire voyager, on commença à faire rouler le tonneau vide sur l’eau et s’assurer qu’il ne s’enfonçait pas, avant d’imaginer la rame et la voile […] Cette machine malgré nos précautions a fait un certain bruit, nous sommes environnés de frelons qui ne craignent pas de d’approprier le fruit du travail des autres et d’en recueillir la gloire. Ainsi je vous prie de vouloir bien annoncer à l’Académie la construction d’une machine qui, d’après expérience faite, peut à très peu e frais […] être utile pour donner des signaux rares sur terre, faire passer des avis dans une ville assiégée par-dessus les lignes de circonvallation, faire des expériences sur l’électricité des nuages. »

Deux autres expériences privées permettent de parfaire la technique. Mais les Montgolfier s’aperçoivent rapidement de la nécessité de procéder à une démonstration publique.

Le 4 juin 1783, à Annonay, un ballon de 11 mètres de hauteur prend peu à peu de l’ampleur. A la suite de cette réussite, les événements se précipitent. Dans la cour du château de Versailles, Louis XVI assiste au départ de la première montgolfière habitée. Elle emporte un coq, un canard et un mouton.

Les Montgolfier savent désormais que l’homme volera !

 

Décembre 1783, le roi anoblit Pierre Montgolfier et sa descendance, autant pour la mise au point des machines aérostatiques menée par ses fils Joseph et Etienne que pour les perfectionnements dont ils font bénéficier l’industrie papetière.

 

Extrait du livre D’Art et de Papier, Marie-Hélène Reynaud Editions Textuel

 

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